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Jason Mraz


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    Comment avez-vous abordé la création de ce dernier album ?

    « Dans la joie, avec beaucoup de facilité et de gratitude. Je ne me suis donné aucune échéance, je ne me suis mis aucune pression. Je me suis contenté de vivre, de me balader, d'explorer et d'élaborer des chansons qui me donnaient de la joie et de la force. Alors, quand l'heure est venue d'en faire un album, je me suis retrouvé avec quatre-vingts chansons ! » Finalement, il y en a douze...

    Que faire des autres ?

    « Certaines resteront sur une pile de chansons encore inachevées, d'autres figureront peut-être sur le prochain album. Je ne sais pas encore.»

    Pendant la période d'écriture, vous aviez fait une pause d'un an, en rentrant chez vous, à San Diego. Un retour aux sources ?

    « C'est à San Diego, où j'habite maintenant, que tout a commencé pour moi. J'ai, en effet, arrêté les concerts d'un point de vue commercial, mais je continuais à jouer dans les cafés le dimanche soir. Je ne trouve pas très saine l'idée d'écrire un album en étant complètement immergé dans le business de la musique. Quand vous vivez à l'hôtel, passez votre temps dans les aéroports, les bus, les dimensions importantes de la vie vous échappent. Je voulais rentrer à la maison, jardiner, m'occuper de mon chat, vivre finalement des expériences simples de la vie. »

    Comment composez-vous ?

    « Chaque jour est différent. La musique surgit n'importe quand, et on doit alors être réceptif, se mettre à son service. Je n'ai jamais instauré une routine de travail. Vous finissez par passer plus de temps à créer cette routine qu'à inventer des choses nouvelles. Je travaille dans toutes les directions. Parfois, me vient une mélodie, d'autres fois, une idée, un concept ou une humeur. Je n'ai jamais vraiment eu un style, une seule manière de faire les choses, et j'aime ça. » Vous puisez votre inspiration dans des éléments autobiographiques.

    La musique, c'est finalement votre éxutoire ?

    « Absolument, c'est ma thérapie. Je compose pour m'aider à organiser la réalité et me figurer ce qu'est la vie. La musique est sans doute la chose qui se rapproche le plus de Dieu. C'est aussi l'histoire de ma vie. Depuis que j'ai 7 ans, je chante, je fais le spectacle. À 18 ans, j'ai été capable de chanter mes propres mots, de créer mes propres chansons. Et à 21 ans, je me suis juré de ne rien faire d'autre que de passer ma vie à chanter et raconter des histoires. »

    Après avoir joué les premières parties entre autres d'Alanis Morissette ou James Blunt, vous êtes tête d'affiche. Ça change votre relation au public ?

    « La différence aujourd'hui, c'est que les gens qui viennent connaissent mes chansons. Le concert devient alors une fête où l'on s'amuse.
    J'essaie toujours de communiquer avec mon public parce qu'il y a des gens qui me découvrent pour la première fois. J'invite les gens à se sentir libres de danser et de chanter. Mais ça, il faut le faire qu'on soit la première partie ou la tête d'affiche du concert. »

    Comment trouvez-vous votre public européen ?

    « Je ne vois pas vraiment de différence dans les publics, qu'ils soient d'Europe, d'Asie ou d'Australie. Ils sont tous les mêmes.

    C'est ça, la beauté de la musique. Le langage n'est pas si important puisqu'il est surtout question de mélodie. Le sourire sur le visage des gens, l'interaction, le partage avec le public font du concert un événement presque sacré. »

    Votre Album s'intitule We Sing. We Dance. We Steal Things. Qu’as-tu volé et à qui ?


    Je ne suis pas un grand voleur. Lorsque j'étais ado, j'ai piqué un tee-shirt dans un surf shop et je n'ai pas trop kiffé… d'autant plus que je me suis fait choper ! J'ai dû payer le prix double pour que le vendeur ne dise rien à mes parents (rires). Le titre, c'est plus une référence au fait que nous volons toujours des influences au passé. Nous les ré-adaptons au présent… pour essayer de faire quelque chose de mieux, en tant qu'être humain. Nous n'avons heureusement pas à payer pour toutes ces bonnes choses qui nous viennent du passé alors il faut en profiter.

    Tu es un peu hippie non ?


    Oui, un peu. J'essaie d'être philosophe tout du moins.

    Ta musique est folk, jazzy avec des influences pop. Pas trop d'électricité…


    Je suis d'abord un chanteur et c'est ma passion depuis mon plus jeune âge… Et chanter ne requiert pas d'électricité. J'ai toujours préféré les sons naturels, les chanteurs jazz. J'aime la spontanéité de ces derniers. Donc quand il a fallu faire de la musique, j'ai voulu juste accompagner la voix, plutôt que la couvrir avec des sons électriques ou électro…

    Tu habites San Diego. Tu aimes surfer ?


    Oui, j'adore. J'y ai déménagé il y a dix ans parce qu'il y avait une super scène acoustique dans les cafés. Je me suis senti à la maison. Le surf est venu dans ma vie il y a trois ans et j'ai tout de suite accroché. Il faut des qualités physiques, mais il y a aussi une grande place pour la méditation dans ce sport. J'ai beaucoup d'amis là-bas : on se donne rendez-vous pour surfer tous les jours vers 19 heures. Même en ce moment où je suis en tournée, je fais tout ce que je peux pour m'échapper et aller surfer deux ou trois jours. J'emporte toujours avec moi un tapis de yoga et je pratique quotidiennement. Cela entretient ma condition physique pour le surf… et je peux même imaginer que je surfe. Le yoga stimule les mêmes muscles. Sans cela, j'aurais l'impression de perdre ma condition physique. Le surf a changé ma vie car grâce à lui, je me suis concentré sur ma bonne forme physique. Ça a changé aussi mon énergie sur la scène et la manière dont je suis avec le public.
    La musique et moi, nous étions des vieux copains, un peu trop familiers. Avec le surf, c'est un pan entier de ma vie que j'ai découvert. Une nouvelle aventure. Avant le surf, je fumais un paquet de clopes par jour. Pendant dix ans ! Je ne faisais jamais de sport. Le surf a changé l'heure à laquelle je me levais, ma manière de chanter car j'avais plus de souffle et évidemment, les choses que je voyais… M'immerger chaque jour dans cet océan qui pourrait prendre ta vie facilement : tu es obligé de vivre le moment présent de manière très attentive, d'en profiter. Sinon, tu te fais dérouler. Lorsque je surfe, je me fais botter le cul par l'océan au moins deux fois dans la session et j'adore…

    Tu aimes bien te faire bousculer ?


    Oui, j'adore me faire taper ! Dans ce monde musical, j'ai les mains d'un enfant. Tout le monde me chouchoute. L'eau me donne quelque chose dont chaque homme a besoin : une bonne claque de temps en temps. Se faire remettre à sa place !

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